Rock'n roll!
Et si vous partagiez votre partition ?
Quand vous vous baladez sur le bord d’une rivière, vous pouvez trouver des pierres polies par le passage incessant de l’eau.
Elles ont toutes des teintes, des couleurs et des formes différentes.
Rien d’exceptionnel !
Nous pouvons remplir des étagères de pierres biscornues, rondes, plates …
Elles ont chacune vécu leur propre histoire.
Nous sommes pareils !
Unis, ou pas, dans la diversité, nous vivons côte à côte dans le lit de nos vies avec le temps qui passe comme un flux incessant.
Le destin nous fait défiler devant d’autres personnes qui, elles aussi, sont emportées par le courant.
"Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes."
Anaïs Nin
Nous interagissons, nous nous frottons, nous nous entrechoquons, nous nous caressons.
Avec plus ou moins d’intensité, nos histoires sont faites de ces échanges.
Et c'est précisément là que tout bascule.
Car pour comprendre la forme d'une pierre, son éclat ou ses fissures, il ne suffit pas de la regarder, posée là, dans le creux de notre main.
Il faut connaître le fleuve.
Sa force, ses méandres, les autres rocs qu'il charrie.
Ce fleuve, c'est le contexte.
Et sans lui, la pierre reste une énigme.
Sans contexte, le message ne passe pas, la forme n'a pas de sens.
Nous ne voyons qu'un caillou, et nous passons à côté de l'histoire.
"Le plus grand obstacle à la découverte n'est pas l'ignorance, c'est l'illusion de la connaissance."
Daniel J. Boorstin
Ce qui peut conduire à l’opposé de l’objectif voulu.
Sans connaître le contexte de votre interlocuteur, vous pouvez le brusquer, l’offenser, l’irriter.
Imaginez la situation suivante :
Vous arrivez au boulot, tout guilleret, vous passez le bonjour de bureau en bureau.
Arrivé chez votre collègue, elle vous répond par un bonjour sans entrain.
Vous ne comprenez pas et vous insistez en l’invitant à profiter de cette belle journée, de ce soleil resplendissant.
Toujours pas de réponse, elle se retourne vers son écran.
Vous pourriez vous dire qu’elle n’est pas sympa.
Notre cerveau est une machine à économiser de l'énergie.
Juger prend 0,1 seconde.
Comprendre un contexte prend du temps, de l'empathie, de l'écoute.
Nous sommes biologiquement programmés pour le jugement rapide, pour la caricature.
En discutant avec les autres, vous apprendrez que sa situation personnelle n’est pas joyeuse pour le moment.
Sans cette volonté de comprendre sa situation, vous pourriez la juger erronément.
Cette perception de sa réalité vous conduira à être plus prévenant, moins intrusif.
"Chaque homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition."
Michel de Montaigne
Mais notre propre contexte peut également influer sur nos relations.
Notre fatigue, notre stress du matin, une mauvaise nouvelle reçue la veille, une vieille angoisse qui resurgit.
Souvent, notre réaction à l'autre est déformée par notre propre état intérieur.
On juge la collègue "pas sympa" parce que, ce matin, nous avions un grand besoin de connexion et de chaleur humaine.
On projette notre propre besoin sur l'autre et on lui en veut de ne pas y répondre.
On juge avec le regard de notre propre courant.
Avant de pointer du doigt le fleuve tumultueux de notre voisin, avons-nous pris la peine de regarder la couleur de notre propre eau ?
Car bien souvent, le jugement que l'on porte sur l'autre n'est que le reflet boueux de notre propre état intérieur.
"Ce que nous voyons dépend principalement de ce que nous cherchons."
John Lubbock
Plus largement, insuffler du contexte dans nos outils de communication devient primordial.
Demander à Claude ou Gemini de répondre à une question, le résultat sera bien souvent généraliste.
Il ne pourra pas vous répondre correctement ou avec toute la précision requise si vous ne lui donnez pas des informations contextuelles.
Car, comme vous face à votre collègue, il restera suffisamment superficiel pour éviter de formuler une réponse erronée.
Le tout servi avec un discours prompt à flagorner.
Créer des projets, des GPT personnalisés canalisera ses réponses en tenant compte de votre situation.
Et encore, cela n’est pas moins certain, car souvent, il mélange les projets, clients et sujets.
Youpi.love apporte plus de justesse avec ses agents Ai que vous pouvez programmer séparément et suivant des espaces étanches.
"La connaissance, c'est de savoir que la tomate est un fruit. La sagesse, c'est de ne pas la mettre dans une salade de fruits."
Miles Kington
On observe que ce besoin de contextualisation est vieux comme le monde.
Les LLM nous démontrent que si nous voulons des réponses qui soient personnalisées, nous devons les abreuver d’informations nous concernant.
La quasi-gratuité abordée dans “la pyramide du freemium” démocratise cet accès.
L’utilisateur professionnel génère du texte et des images pour nourrir les canaux de communications de son business.
Mais, majoritairement, on observe qu’il ne maîtrise pas du tout cet outil.
Et quand une plateforme comme Youpi.love l’invite à faire un “unboarding” relativement simple, il ne perçoit pas la nécessité de cela.
Plus grave, les notions de vision, de mission, de valeurs qu’ils incarnent sans s’en rendre compte passent à la trappe.
La communication n’étant pas son cœur de métier, il est désarmé face à des questions cherchant à le définir lui ou son entreprise.
"Celui qui a un pourquoi peut supporter presque n'importe quel comment." Friedrich Nietzsche
La vague d’agents Ai qui arriveront demain pour faire votre boulot à votre place, ne pourront le faire que si vous leur expliquez le pourquoi de cette demande.
Sinon, ils resteront des “juniors” répondant dans la limite de leurs moyens ou connaissances.
Si vous voulez en faire des “collègues” apportant de la pertinence à leurs actions, vous devrez comme dans la vraie vie, les éduquer pour qu’ils comprennent le contexte dans lequel ils travailleront.
"Nul homme n'est une île."
John Donne
Nous voilà donc, pierres parmi les pierres, convaincues d’être des diamants mal compris.
Nous attendons que les autres devinent nos fissures, nos strates, nos années de frottement silencieux.
Nous demandons à nos outils de nous comprendre sans daigner leur tendre autre chose qu’une question vague.
Et nous nous étonnons du résultat.
Aristote disait que l’homme est un animal social. Il aurait pu ajouter : “un animal social qui déteste expliquer”.
La rivière, elle, ne ment pas.
Elle sculpte ce qu’elle reçoit.
Alors, de quel fleuve êtes-vous fait et l’avez-vous déjà raconté à quelqu’un ?
Amusement.




Intéressant, merci
Très belle métaphore.
On parle beaucoup de “prompt”, mais beaucoup moins de contexte.
Finalement, que ce soit avec une personne ou avec une IA, la qualité de la réponse dépend surtout de la qualité du contexte qu’on donne.
Sans fleuve… la pierre reste juste un caillou.